Mathilde Gros, l’éclat d’un rayon

Janvier 2023 — Championnats de France sur piste, Vélodrome de Roubaix

Parfois, la lumière se fait complice du photographe, offrant une scène inattendue, presque magique. Ce dimanche matin de janvier 2023, au Vélodrome couvert régional Jean-Stablinski de Roubaix, en est l’illustration parfaite.

Une préparation sous les projecteurs naturels

Ce matin-là, Mathilde Gros, déjà auréolée de son titre mondial en vitesse individuelle décroché quelques mois plus tôt au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY), s’accorde une séance de stretching avant l’épreuve du 500 mètres. La veille (samedi), elle avait remporté le keirin, et le vendredi, elle était devenue championne de France de vitesse. Le vélodrome de Roubaix, habituellement avare en lumière naturelle, est ce jour-là traversé par un rayon de soleil perçant les vitres, illuminant l’athlète d’une clarté saisissante.

Un contraste frappant avec le fond sombre de la piste, accentué par la puissance du rayon de soleil, tandis que les jours précédents avaient été marqués par la pluie et une lumière déficiente.

Un défi technique relevé

Munis de mon Nikon Z6 et de l’objectif AF-P NIKKOR 70-300mm f/4.5-5.6E ED VR, les conditions de faible éclairage représentaient un véritable défi. Je n’avais pas encore mon NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S, et avec une ouverture limitée à f/5.6 combinée à une vitesse suffisamment rapide pour figer l’action, le bruit numérique était omniprésent, et beaucoup d’images étaient sombres. Pourtant, ce faisceau lumineux inattendu a permis de sublimer Mathilde, offrant une prise de vue où la lumière naturelle devient un projecteur intime, mettant en valeur sa concentration et sa sérénité.

Une championne au sommet

Ce jour-là, Mathilde Gros ne se contente pas d’une simple préparation. Elle s’impose sur le 500 mètres, devançant la championne du monde en titre, Marie-Divine Kouamé, et Julie Michaux, complétant ainsi une incroyable trilogie de titres nationaux à Roubaix. Après la vitesse individuelle le vendredi, puis le keirin le samedi, cette victoire dominicale confirmait avec éclat sa totale domination sur le sprint français.

Une trajectoire fulgurante

À seulement 25 ans, Mathilde Gros affiche un parcours impressionnant. Issue du monde du basketball, qu’elle a pratiqué à haut niveau dans sa jeunesse, c’est presque par hasard qu’elle découvre le cyclisme sur piste. En 2014, alors qu’elle effectue un test de puissance dans le cadre de sa préparation physique, ses résultats attirent l’attention de l’encadrement fédéral (Linternaute). Elle est rapidement orientée vers l’INSEP et le Pôle France de cyclisme.

Depuis, elle s’est imposée comme une figure incontournable du cyclisme sur piste international. Son sacre mondial en vitesse individuelle en 2022 au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY) (Le Monde), ses multiples titres nationaux, ses victoires aux Championnats d’Europe , ainsi que ses performances constantes en Coupe des Nations témoignent de sa régularité au plus haut niveau.

En 2023, elle réalise un triplé remarquable aux Championnats de France à Roubaix. En 2024, elle fait partie des têtes d’affiche de l’équipe de France pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, où elle s’aligne notamment en vitesse individuelle et en keirin. Elle ne parvient pas à se qualifier pour les quarts de finale de la vitesse, étant battue en repêchage (L’Équipe), et est éliminée en demi-finales du keirin (L’Équipe).

Malgré ces Jeux compliqués, elle rebondit avec force en 2025, retrouvant la première marche des podiums sur la scène internationale, notamment lors des manches de Coupe des Nations, comme sa victoire sur le keirin à Konya (L’Équipe). Sa persévérance, son professionnalisme et son humilité, que ceux qui la côtoient connaissent bien, continuent de faire d’elle une ambassadrice exemplaire du cyclisme français.

Capturer l’instant

Cette photographie témoigne de la fusion entre la préparation mentale d’une athlète de haut niveau et l’instant fugace où la lumière révèle toute la beauté du moment. Comme si la nature elle-même avait choisi Mathilde, la lumière vient souligner ce matin-là la future victoire qui l’attend quelques heures plus tard. Parfois, les éléments s’alignent pour offrir au photographe une scène où la technique, l’émotion et la lumière se rencontrent harmonieusement.


Sources


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2 Commentaires

  1. Yves Savariaud

    Bravo Florian ! Excellente idée que d’allier la technique avec l’information mais aussi une certaine poésie !

    Réponse
    • admin

      Merci, oui j’ai voulu tenter quelque chose de nouveau. Merci encore et à bientôt.

      Réponse

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