À la (re)mise en route de mon Appareil photo Lumière 6,5×11 : essais, galères… et premières images

👉 Si tu n’as pas lu l’épisode 1, le contexte est ici : À la redécouverte de l’histoire à travers l’appareil photo Lumière 6,5×11 des années 50

Cela faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de me repencher sur mon Lumière 6,5×11. Voici donc quelques nouvelles d’avril 2024… et je compte bien m’y remettre dès que mon planning le permettra.

Le défi : refaire fonctionner un boîtier des années 50

La principale difficulté, c’est la pellicule : les formats 116 / 616 ne se trouvent quasiment plus. La solution la plus réaliste aujourd’hui est de passer en film 120, mais cela amène plusieurs contraintes :

  • le film 120 est plus étroit, donc il flotte davantage dans le boîtier si rien n’est adapté ;
  • le compteur rouge (fenêtre arrière) ne correspond plus : il est faux ou sans indication utilisable ;
  • résultat lors des premiers tests : superpositions d’images et fuites de lumière, sans doute parce que la pellicule bougeait un peu dans la chambre.

Astuce “papier journal” pour avancer image par image

Avec mon autre grand-père, on a bricolé une méthode simple : enrouler du papier journal sur une bobine pour compter le nombre de tours à faire entre deux vues. L’idée n’était pas mauvaise, mais même en mesurant on s’est retrouvés à laisser trop d’espace entre les photos → perte de surface utile sur la pellicule.

Autre limite : difficile de savoir précisément où commence le film → encore de la perte au début.

Mon laboratoire m’a fourni le papier protecteur numéroté d’une ancienne pellicule, afin que je réalise d’autres essais. Je n’ai pas encore eu le temps de m’y plonger… à suivre.

Adapter le format : problème (enfin) réglé ✅

Côté maintien du film, j’avais d’abord pensé à l’impression 3D. Finalement, j’ai trouvé sur Amazon Canada des adaptateurs 120 → 116/616 qui font parfaitement le job : Lot d’adaptateurs de bobine 120 vers 116/616 – Amazon Canada

Depuis, sur mon dernier test (les photos ci-dessous en sont issues), moins de fuites de lumière. Déjà une victoire.

La vraie galère : la mise au point (AF totalement manuel)

L’appareil fonctionne parfaitement d’un point de vue mécanique, mais la mise au point reste un vrai défi. Pas d’autofocus, ce qui est normal pour l’époque, et surtout l’objectif n’est pas relié au viseur : on ne peut donc pas vérifier la netteté avant le développement.

La mise au point se fait à l’aide des graduations en mètres inscrites sur l’objectif, mais évaluer avec précision la distance uniquement à l’œil reste délicat. Cela se traduit souvent par un grand nombre de clichés flous. Je me demande encore comment les photographes de l’époque parvenaient à viser juste. L’utilisation d’un télémètre laser pourrait aider, même si cela s’éloignerait de l’esprit d’origine.

4 photos d’essai (une seule “réussie” selon moi)

Test Lumière 6,5×11
Test Lumière 6,5×11
Test Lumière 6,5×11
Test Lumière 6,5×11
  1. Portrait de famille – Flou de mise au point sur le premier plan
  2. Couple en promenade – Netteté approximative
  3. Couple en paysage – Trace lumineuse 
  4. Figure gym – rendu le plus proprema préférée du lot

Je suis peut-être pointilleux, mais il est possible qu’avec un appareil de cette époque on n’obtienne jamais une netteté “clinique” partout. Ça fait partie du charme argentique… et de l’expérience.

Et maintenant ?

  • Finaliser les repères d’avancement du film avec le papier protecteur numéroté pour arrêter de gaspiller des vues
  • éventuellement télémètre laser pour les portraits rapprochés
  • et pourquoi pas dénicher un second boîtier argentique d’une autre période, avec l’idée (un jour) de proposer quelques prestations familiales / portrait en argentique, pour ceux qui aiment le rendu authentique

Un mot d’histoire (utile et rapide)

La maison Lumière a marqué l’histoire de l’image, du cinéma à la photographie. Les formats 116/616 ont longtemps été utilisés sur les appareils pliants à soufflet. Mon Lumière 6,5×11 s’inscrit dans cette lignée : un objet simple, robuste, pensé pour documenter la vie… et qui m’oblige aujourd’hui à réapprendre la lenteur.

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