Comment utiliser un flash de studio ? Mes bases techniques
On me pose souvent des questions sur l’utilisation des flashs de studio et mes réglages lors de mes shootings sportifs. J’ai donc décidé de vous faire un petit article rapide pour dégrossir le sujet et vous expliquer ma méthode de travail.
1. La règle de base : La vitesse de synchronisation
La première chose à savoir avec un flash, c’est que vous êtes limité par la vitesse de synchronisation de votre boîtier. Sauf exception, vous ne pouvez pas dépasser 1/200s. Sinon, vous risquez d’avoir un joli effet de banding avec des bandes noires sur votre photo…
La seule façon de contourner cette limite est d’utiliser la fonction HSS (High-Speed Sync) (à condition que votre flash possède cette option !) qui permet de monter au-dessus de 1/200s (comme par exemple à 1/4000s). Cette fonction est surtout utile en extérieur, pour « casser » la lumière du soleil en plein jour. Par contre, attention : la fonction HSS draine la batterie beaucoup plus rapidement. En intérieur, vous resterez donc généralement sous la barre des 1/200s.
2. Penser sa photo comme des calques Photoshop
En tant que photographe, vous utilisez sûrement Photoshop ? L’utilisation d’un flash de studio, c’est un peu comme gérer les calques. Une photo au flash se construit en deux temps.
Temps 1 : La première couche (Le fond) Coupez votre flash. L’objectif est d’exposer sa 1ère couche, c’est-à-dire votre arrière-plan, en réglant vos ISO et votre ouverture (la vitesse ne se règle qu’en HSS, comme expliqué plus haut).
Exemple 1 : Vous voulez un fond totalement noir ? Baissez vos ISO et fermez votre ouverture (c’est-à-dire choisir un « grand chiffre » pour votre diaphragme, comme F8, F11 ou F16). Prenez une photo sans flash : si l’image est noire, vous avez votre première couche.
Exemple 2 : Vous photographiez devant une fenêtre lumineuse et ne voulez pas la « cramer » ? Réglez simplement vos ISO et votre ouverture pour exposer correctement cette fenêtre.
Temps 2 : La seconde couche (Le sujet) Une fois que vous avez la bonne exposition pour votre fond, on s’attaque à la 2nde couche : votre sujet. À partir de ce moment, vous ne touchez surtout pas à vos ISO, votre ouverture ni votre vitesse, vous réglez juste la puissance de votre ou vos flashs pour avoir la bonne exposition sur votre sujet.
3. Figer un mouvement au flash
Si vous souhaitez figer un mouvement avec un flash de studio, oubliez la vitesse de votre boîtier. C’est la puissance de votre flash qui va figer votre mouvement (c’est ce que l’on appelle la durée de l’éclair).
En gros, il faut imaginer que la puissance du flash équivaut à une vitesse X. Plus la puissance de votre flash est basse, plus la durée de l’éclair est courte (rapide), et vice versa : plus votre flash est à 100% de sa puissance, plus la vitesse est basse. D’ailleurs, les flashs Godox récents indiquent cette équivalence directement sur leur écran.
Par exemple (les chiffres sont juste là pour expliquer, chaque flash est différent) :
Si votre flash est à la puissance 1/1, c’est l’équivalent d’une vitesse de 1/220s.
Si votre flash est à 1/64, c’est l’équivalence de 1/7000s.
Si votre flash est à 1/512, c’est l’équivalence de 1/17560s.
Le compromis : Comme pour le triangle d’exposition, chaque action a une conséquence, il faut donc toujours jongler avec les paramètres pour trouver un bon compromis. Par exemple, forcément si vous descendez votre vitesse à 1/512, le sujet sera peut-être sous-exposé. Il faudra alors soit augmenter la puissance du flash, soit rapprocher le flash du sujet, soit les deux… Enfin, comme d’habitude, la photographie c’est une histoire de compromis !
4. Un outil aux possibilités infinies
L’avantage du flash, c’est que c’est vous qui avez la main sur la lumière. Position du flash à 90 degrés, derrière, à 45 degrés, en hauteur, utilisation d’un ou plusieurs flashs, en intérieur ou en extérieur, avec des gélatines de couleurs, avec différents types de diffuseurs, ou encore le choix de descendre à de très basses vitesses sur votre boîtier pour obtenir des effets originaux (comme des filés) couplés au coup de flash… Il y a une multitude de possibilités pour avoir des rendus totalement différents.
Et même moi qui les utilise depuis maintenant plusieurs années, je suis très loin de tout maîtriser. Cet article est juste là pour dégrossir le sujet, il vous reste à expérimenter ! Pour vous renseigner auprès de vrais spécialistes, je vous conseille par exemple Neil Redfern : sa chaîne YouTube est une vraie bible d’apprentissage de la photographie au flash.






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